Sur le Millésime 2004 des Grandes Costes :
LE MIRACLE

Les « malo » sont terminées et les dernières cuves viennent d’être soutirées. En attendant les assemblages puis la mise en bouteille qui sonnera le début de carrière de chaque vin, je tiens à vous faire partager mes premiers commentaires sur ce millésime 2004. Nombre d’entre vous ont souhaité que je leur en fasse part. Eh bien voilà ! Chose dite, chose faite !

Avant tout, une très bonne nouvelle (mais vous vous en doutiez déjà certainement) qui vous réjouira ! Ce millésime 2004 s’annonce d’un très bon niveau qualitatif.

Au nord-est de Montpellier, pays des Grandes Costes, l’Automne qui a suivi le très sec et aride millésime 2003, a été pluvieux. Les précipitations ont été régulières jusqu’au printemps 2004. Les réserves hydriques des sols ont alors pu se reconstituer très favorablement.

La fin de l’hiver et le début du printemps ont connu des froids importants qui ont entraîné une bonne dizaine de jours de retard dans le débourrement.

Au mois de juin et de juillet, suffisamment ensoleillés pour que les températures remontent au dessus des moyennes saisonnières, succèdent un mois d’Août et un début Septembre pluvieux et orageux.

Ces conditions difficiles, propices au développement de la pourriture grise et d’un mildiou tardif, auraient pu rendre délicates la gestion des fins de maturité des raisins.

Mais voilà que Mistral et Tramontane se manifestent à bon escient pour éclaircir le ciel, faire apparaître un soleil radieux accompagné de nuits fraîches et finalement sauver la vendange.

Cette très belle arrière-saison, de la première semaine de Septembre jusqu’au début du mois d’Octobre, a permis d’obtenir une maturité phénolique idéale, dans de parfaites conditions sanitaires, pour l’ensemble des cépages.

Les vendanges 2004 ont débuté le 18 septembre (8 septembre pour 2003). Les derniers Carignans ont été « rentrés » le 1er octobre.

Les vins de ce millésime 2004, demeurent dans l’esprit de ceux élaborés en 2003. C’est un millésime septentrional, dans le bon sens du terme, de grande qualité. Les degrés alcooliques sont sensiblement identiques à l’année précédente. Bien équilibrés, les vins présentent un potentiel de conservation lié à une acidité plus relevée.

Le Rosé de saignée est issu de Grenache, Syrah et Cinsault. Le vin, pétale de rose, est frais, friand mais ample. La bouche s’exprime sur des fruits rouges (fraise, framboise, cerise…). Un beau rosé gastronomique en perspective.

Les conditions de vendanges « à la carte » du millésime - même si, petit bémol, sur huit vendangeurs prévus, trois seulement se sont présentés à l’appel - ont considérablement facilité mon travail. J’ai pu cueillir les Syrah, Cinsault, Grenache et autre Carignan remarquablement à point et, une fois n’est pas coutume, en bonne quantité : 37 hectolitres/Hectare en moyenne.

Le Cinsault explose sur des arômes de petits fruits rouges et d’épices de la garrigue. La syrah est sur la violette, la mûre et la réglisse, la bouche est pleine avec une trame tannique enrobée et élégante. Le Grenache sur la fraise, le poivre et les épices, il se repose sur une superbe structure. Le Carignan possède une très belle attaque en bouche, très tannique et extrêmement fruité il fera un excellent vin d’assemblage.

A ce jour, on peut aussi retenir que l’ensemble des cuves contient des vins francs, nets, frais, bien équilibrés et à la structure tannique fondue.

En attendant les assemblages en début d’année, j’espère que ce petit bulletin vous aura – comme le dit si bien l’adage – « mis les Grandes Costes à la bouche ».

D’ici là, je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de fin d’année et la réalisation de vos vœux les plus chers.

A bientôt de vous lire ou de vous entendre,

Meilleures salutations vigneronnes.

Jean-Christophe Granier
Vigneron